Ballades

 


 

Avant de vous proposer les ballades à faire nous vous proposons de

 

faire connaissance de l'évolution du terrain géologique. 

 

Les Rochers de Naye: des montagnes venues d'ailleurs

 

En 1893, le géologue Hans Schardt, alors enseignant au Collège de Montreux, fit la découverte surprenante que les roches des Préalpes avaient une origine exotique: elles avaient été déplacées vers le nord-est sur des dizaines de kilomètres le long d'un plan de chevauchement. On peut aujourd'hui mieux comprendre ce phénomène grâce à la tectonique des plaques.

 

 

 

Sur cette coupe géologique de la région des Rochers de Naye, on distingue en orangé des couches de roches sédimentaires qui forment l'ossature des Préalpes. L'essentiel de ces roches datent de l'ère secondaire ou l'ère des dinosaures (-250 à -65 millions d'années), mais il n'y a guère de chances d'en trouver puisque le milieu de dépôt de ces sédiments était avant tout marin, comme en témoignent des fossiles d'ammonites et d'autres organismes marins. A cette époque les Alpes n'existaient pas et une vaste mer séparait le continent européen du continent africain. Entre ces deux grandes plaques tectoniques, il y avait aussi plusieurs microcontinents comme l'Adria, qui correspond plus ou moins à l'Italie, et l'Ibérie qui outre l'Espagne et le Portugal, incluait la Corse, la Sardaigne et les futures Préalpes.

 

Il y a 100 millions d'années, la plaque tectonique africaine a commencé à migrer vers le nord en chevauchant la plaque européenne (couleurs bleues sur la coupe). Il y a 40 millions d'années, les futures Préalpes ont été entraînées dans ce vaste chevauchement où elles ont commencé à se plisser, un peu comme une nappe que l'on fait glisser sur une table. Ce chevauchement a été tel que les Préalpes ont fini par recouvrir les sédiments tertiaires de la Molasse (en jaune sur la coupe) sur des dizaines de kilomètres. Les Préalpes sont donc bien des montagnes venues d'ailleurs.

 

La dernière partie de l'histoire géologique de la région a été marquée par l'érosion glaciaire, qui au cours des deux derniers millions d'années, a permis le creusement du bassin lémanique et la formation des reliefs actuels de la chaîne alpine. Lors du maximum de la dernière glaciation (le Riss, il y a 20 à 25'000 ans), le glacier du Rhône se terminait non loin de la ville de Lyon et il atteignait une altitude de plus de 1'500 mètres dans la région des Rochers de Naye! On peut s'imaginer à quoi devait ressembler ce paysage par une journée où une mer de stratus recouvre le bassin lémanique et le plateau suisse.

 

Puis avec le réchauffement climatique, le glacier rhodanien s'est progressivement retiré, pour laisser place au lac Léman et à la plaine du Rhône. Parmi les fossiles de cette période glaciaire, on a trouvé des restes d'ours des cavernes dans une grotte à Dentaux, tout près des Rochers de Naye.

 

Pour en savoir plus: Musée cantonal de géologie, Lausanne 

Un grand merci à Robin Marchand.