









Bien-être / Alimentation
Dossier Nutrition/Diététique
La nutrition, ça se discute. Et beaucoup. Et ça évolue. Nous en sommes bien conscients. Ce dossier présente un aperçu général de la question. Pour des informations plus détaillées, consultez notre section Nutrition.
Manger, ce n'est pas que se nourrir. C'est aussi un acte social, sensuel, émotif et vital, au sens le plus strict. On mange le plus souvent parce qu'on a faim; parfois aussi pour combler un manque affectif ou pour faire plaisir à ses hôtes...
On voudrait tous « bien manger », ne serait-ce qu'à cause de l'impact, désormais prouvé scientifiquement, de l'alimentation sur la santé. « Vous pouvez améliorer votre santé et votre bien-être en faisant de bons choix alimentaires », affirme clairement Santé Canada.1
Mais que signifie bien manger? Beaucoup de choses différentes, et parfois contradictoires, selon le point de vue où l'on se place, selon notre culture, notre mode de vie, nos croyances, nos valeurs... Pas facile de s'y retrouver, d'autant plus que les théories alimentaires abondent, et sont, elles aussi, souvent contradictoires.
Dans cette fiche, vous ne trouverez pas de solutions définitives ni de recettes (dans aucun des sens du mot!). Nous tenterons plutôt de situer l'alimentation dans un contexte global, de voir comment la science de la nutrition a évolué depuis une cinquantaine d'années et de présenter les principales recommandations qu'elle propose aujourd'hui. Nous mettrons particulièrement l'accent sur la nutrition comme approche spécifique de santé : « Que ton aliment soit ton médicament », disait Hippocrate.
Nous sommes beaucoup plus attachés à nos habitudes alimentaires, bonnes ou mauvaises, que nous ne l'imaginons. Changer ces habitudes peut être un défi de taille! La plupart des immigrants, par exemple, adoptent les vêtements, la langue, les usages de leur pays d'adoption, mais conservent très longtemps leurs traditions culinaires. Il faut de solides raisons pour en changer.
En haut de l'échelle des incitatifs, se trouvent la perte de poids et la résolution d'un problème de santé. Si, en mangeant moins de gras animal ou plus de légumes et de fruits, on contribue à soigner une maladie précise, cela peut constituer une motivation suffisante. Mais, éliminer les aliments vides (junk food) ou préparer des repas mieux équilibrés, pour prévenir une hypothétique maladie ou pour être en meilleure forme, est beaucoup plus difficile.
L'expérience a démontré qu'il vaut mieux modifier ses habitudes alimentaires de façon très progressive en intégrant un ou deux changements à la fois. Ces modifications peuvent concerner aussi bien les aliments eux-mêmes (moins de croustilles, plus de fruits) que notre rapport avec eux (compensation, gourmandise, habitudes) ou notre façon de les manger (mastiquer lentement, s'asseoir pour manger).
L'alimentation est intimement liée à l'image que nous avons de nous-mêmes et à nos valeurs. Certains diront même que notre façon de nous nourrir comporte des dimensions karmiques et énergétiques. En diététique chinoise, par exemple, les aliments sont considérés selon des caractéristiques énergétiques relevant de concepts philosophiques et symboliques, mais également très pragmatiques, basés sur une observation millénaire.
Dans la perspective scientifique dominante en Occident, par contre, l'approche est biochimique et même mathématique : on considère que ce sont les divers composés chimiques contenus dans les aliments qui s'additionnent pour fournir ce dont l'organisme a besoin.
Quoi qu'il en soit, on peut convenir du fait que l'alimentation répond essentiellement à quatre besoins fondamentaux:
La nutrition traite spécifiquement du champ d'étude qui s'applique aux « processus par lesquels les êtres vivants absorbent, métabolisent, utilisent et éliminent les aliments ». Cette science est encore bien jeune et s'attaque à un domaine terriblement complexe.
Il faut se rappeler que l'identification systématique des principaux nutriments et de leurs rôles respectifs n'a commencé qu'au début du XXe siècle. À partir des années 1950, la science de la nutrition s'est intéressée de plus en plus aux maladies chroniques, dégénératives ou de surcharge pondérale (diabète, maladies cardiosvasculaires, cancer, obésité, allergies) qui ont des origines génétiques, mais également externes (l'alimentation, le rythme de vie, la pollution, etc.).
Depuis, la notion d'alimentation équilibrée a fait son apparition et les méfaits potentiels de l'alimentation moderne, trop raffinée par les techniques industrielles, ont été mis en évidence. Plus récemment, on a commencé à mieux comprendre le rôle et la synergie des vitamines, des minéraux, des oligo-éléments, des antioxydants (flavonoïdes, caroténoïdes) et des acides aminés.
La digestion commence dans la bouche et n'est même pas terminée deux jours plus tard; au cours de ce processus se déroulent d'innombrables transformations chimiques auxquelles collaborent diverses enzymes et plusieurs organes. De plus, de nombreuses caractéristiques personnelles influencent la façon dont notre organisme assimile les nutriments : l'âge, l'état de santé, les allergies ou intolérances alimentaires, la quantité de tissus adipeux, les réserves de nutriments dans l'organisme, le type de travail, l'activité physique, la qualité du sommeil, l'usage du tabac, l'état émotif et nerveux, l'heure à laquelle on prend ses repas, la posture pendant le repas, etc.
Le processus d'assimilation est tellement complexe que, depuis toujours, on a préconisé toutes sortes d'approches censées mieux convenir à notre système digestif: le végétarisme, le choix des aliments en fonction de son groupe sanguin, l'équilibre acido-basique, les combinaisons alimentaires, le crudivorisme, les divers régimes (Montignac, Pritikin, Kousmine...), sans oublier la diététique chinoise, l'alimentation ayurvédique, etc. De plus, les organismes de santé publique de la plupart des pays publient des guides alimentaires officiels qui évoluent sans cesse. Mais, encore aujourd'hui, les spécialistes ne s'entendent pas entre eux et de nouvelles hypothèses alimentaires apparaissent régulièrement.
Enfin, quand il s'agit de combattre des maladies ou des affections particulières, il existe une multitude de recommandations alimentaires et de régimes spécifiques, où les types d'aliments et les portions sont déterminées de façon précise. On en retrouve plusieurs dans nos fiches 1000 maux.
Il faut bien se rendre à l'évidence, le régime idéal n'existe pas. Bien que les besoins nutritionnels élémentaires soient semblables pour l'ensemble des êtres humains, une alimentation optimale différera pour chaque personne. Compte tenu de la complexité réelle des données en nutrition, il peut donc être utile pour la plupart d'entre nous de consulter périodiquement une personne compétente, capable d'identifier nos besoins et de nous guider dans les meilleurs choix nutritionnels.
Les experts de la nutrition qui ont reçu une formation universitaire et qui font partie d'un ordre professionnel portent le titre réservé de nutritionniste, diététicien ou diététiste (l'appellation varie selon les pays). Toutefois, d'autres intervenants en santé, comme les naturopathes, peuvent également posséder de très bonnes connaissances sur le sujet. Pour établir les besoins nutritionnels d'une personne et identifier les choix alimentaires qui lui conviennent le mieux, on utilise souvent un bilan sanguin (pour le taux de fer, de cholestérol, etc.) ainsi que des questionnaires qui abordent les divers aspects du mode de vie.
Il peut être avantageux de mieux connaître certains des éléments et des processus associés à la nutrition pour faire des choix plus éclairés. Ainsi, nous pouvons d'abord diviser les aliments en trois grandes catégories de base :
Il est clair qu'il vaut mieux privilégier les nutriments. Mais composer ses menus pour obtenir chaque nutriment désiré et dans les proportions souhaitées peut devenir une entreprise fort laborieuse. Heureusement, il est possible de se simplifier la vie, entre autres en respectant quelques principes de base.
La grande majorité des spécialistes en alimentation, qu'ils soient ou non du milieu officiel, s'entendent sur un certain nombre de principes qui peuvent nous servir de guides. Pour la plupart des gens n'ayant pas de problèmes de santé, apporter quelques correctifs à ses habitudes alimentaires - pour qu'elles correspondent mieux à ces principes - pourra déjà entraîner une amélioration significative.
Ces principes de base correspondent à peu de choses près à ceux de la plupart des guides alimentaires officiels des pays occidentaux. On peut bien sûr les adapter à chaque cas particulier ou privilégier une approche ou un régime spécifique.
Ainsi, dans la fiche Cancer - Recommandations alimentaires, on propose un programme alimentaire conçu au départ pour les personnes atteintes de cancer, mais qui pourrait s'avérer fort profitable pour la population en général. Il se résume ainsi :
Les détails se trouvent dans la fiche Cancer - Recommandations alimentaires.
En principe, le milieu médical n'endosse pas les suppléments alimentaires et affirme qu'une « alimentation équilibrée » devrait fournir tous les nutriments nécessaires au maintien de la santé. En pratique, cela est nettement moins évident...
Convenons qu'il est souvent compliqué de se procurer tous les nutriments requis : parce que certains groupes d'aliments ne font pas partie de nos habitudes alimentaires, pour des raisons économiques ou familiales, à cause de préjugés culturels ou de difficultés d'approvisionnement. Par ailleurs, nous pouvons avoir un besoin plus élevé de certains nutriments, à cause de notre mode de vie, de l'intensité de nos activités physiques, d'un problème de santé ou de facteurs « antinutrionnels » comme le stress - et il serait inimaginable, par exemple, de consommer huit pamplemousses ou 20 gousses d'ail par jour.
Dans plusieurs cas, il peut donc s'avérer pratique de recourir aux suppléments alimentaires pour compléter ce qu'on n'arrive pas à obtenir par la nourriture ou pour obtenir une dose de nutriment plus grande que la dose normalement requise. La grande majorité des nutriments sont disponibles sous forme concentrée; vous pouvez consulter leurs fiches à notre section 1001 solutions.